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Changeons de regard sur la gestion des espèces animales dites « invasives »

Question orale adressée le 10 janvier 2024 au Ministre bruxellois de l'Environnement concernant la gestion des espèces animales invasives. Pour lire l'intégralité des échanges, cliquez sur ce lien.



Parmi les espèces animales qui peuplent la Région bruxelloise, certaines sont dites invasives. La liste de ces espèces est dressée dans l’annexe 6 de l’ordonnance du 1er mars 2012 relative à la conservation de la nature, qui les définit comme « espèce(s) exotique(s) qui a (ont) tendance à se propager ou à se répandre en grand nombre, de manière excessive ou menaçante pour la préservation de la diversité biologique ». À cette législation bruxelloise s’ajoute le règlement européen sur les espèces exotiques envahissantes.


Dans la liste régionale figurent des animaux que les Bruxelloises et les Bruxellois ont l’habitude de voir là où subsistent des espaces de nature. Je pense par exemple à la bernache du Canada, à l’ouette d'Égypte, ou encore à la perruche à collier. Si elles font désormais partie intégrante du paysage de la Région bruxelloise, ces espèces font néanmoins l’objet d’une surveillance et d’une gestion par les pouvoirs publics, car on estime qu’à forte densité, elles peuvent avoir des impacts majeurs sur l’environnement et les espèces indigènes.


L’ordonnance sur la conservation de la nature interdit d’ailleurs la réintroduction et l'introduction intentionnelle dans la nature des espèces reprises dans son annexe 6. Il faut pourtant rappeler qu’historiquement, c’est bien l’activité humaine qui a provoqué l’installation chez nous des animaux en question. En effet, la plupart de ces espèces ont été délibérément introduites au cours des derniers siècles ou décennies, tantôt pour le plaisir des chasseurs, tantôt dans l'intérêt des commerçants d’animaux.


Comme souvent, ce sont les animaux qui en paient le prix fort et qui subissent, même ici, une double peine puisque, après avoir été la cible des chasseurs et des commerçants, ils font aujourd’hui les frais de méthodes de gestion parfois violentes. À ce titre, les politiques de conservation de la nature ont tendance à voir ces animaux comme des masses impersonnelles dont nous pourrions nous débarrasser par tous les moyens, sans que cela pose de problèmes éthiques.


Or les colonies d’animaux sont, bien sûr, composées d'individus auxquels la loi de 1986 relative à la protection des animaux accorde le statut d’êtres vivants doués de sensibilité, de propres intérêts et d'une propre dignité, qui bénéficient d'une protection particulière.


Cette loi précise par ailleurs que la mise à mort d’un animal dans le cadre de la législation de lutte contre les organismes dits nuisibles n’est tolérée que si elle est pratiquée par la méthode la plus sélective, la plus rapide et la moins douloureuse. Il me semble que cette disposition théorique mérite d’être examinée régulièrement à l’aune des techniques et technologies disponibles, de nos connaissances sur la sensibilité et les aptitudes des animaux concernés, ainsi que des prises de conscience morale de la société à leur égard.


En Région bruxelloise, la question des espèces dites invasives est une responsabilité de Bruxelles Environnement. Monsieur le Ministre, j’aimerais donc vous interroger sur les méthodes de gestion qui sont pratiquées à l'encontre de ces espèces.


Pourriez-vous faire le détail des techniques éventuellement utilisées pour gérer les populations des animaux appartenant à une espèce dite invasive ?


La mise à mort est-elle une pratique habituelle ? Dans l'affirmative, des statistiques sont-elles disponibles ?


Pourriez-vous présenter les actions et recherches effectuées par Bruxelles Environnement visant à élaborer et utiliser des méthodes de gestion respectueuses des animaux ?


En 2021, vous m'avez indiqué que la liste bruxelloise - qui existe depuis 2012 - n’avait jamais été mise à jour, mais que cela était envisageable. Depuis lors, une analyse a-t-elle été menée, notamment sur la pertinence du maintien sur la liste des espèces invasives des animaux aujourd’hui bien implantés dans le paysage bruxellois ?

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