Comment évolue (la lutte contre) le tabagisme à l'heure du Covid-19 ?

Interpellation adressée le 18 juin 2021 à Mme Barbara Trachte, ministre-présidente Collège de la Commission communautaire française (Cocof) en charge de la Promotion de la santé, concernant les dernières évolutions de l'usage du tabac. Pour écouter la réponse de la ministre-présidente, cliquez sur ce lien.

Le 31 mai dernier, la Ville de Verviers a annoncé l’entrée en vigueur d’une interdiction de fumer dans les plaines de jeux présentes sur son territoire. Prévue pour 2020 mais retardée à cause de la pandémie, la mesure s’applique donc symboliquement depuis le 31 mai, journée de la lutte contre le tabac.

Un article de la RTBF nous informe que l’interdiction du tabac dans des espaces publics fréquentés par les enfants n’est pas une première belge, mais les communes ayant adopté une telle mesure se trouvent majoritairement du côté flamand. La tendance serait récente dans notre pays, mais déjà bien implantée en France, par exemple.

La Fondation de lutte contre le cancer a également communiqué à propos des chiffres du tabac dans notre pays. Selon les sondages, 23 % des Belges déclarent fumer, et 18 % fument tous les jours. La mauvaise nouvelle est que ce taux a tendance à stagner depuis plusieurs années. À l’échelle européenne, un Eurobaromètre récent note une prévalence du tabagisme en baisse de 3 % depuis l’entrée en application en 2017 de la Directive européenne sur les produits du tabac, qui a notamment rendu obligatoires les visuels « choc » sur les paquets de cigarettes. Une légère baisse, donc.

La Fondation et les autres associations du secteur se montrent néanmoins optimistes, et estiment qu’une génération sans tabac est possible d’ici 10 ou 20 ans. Pour y parvenir, je pense qu’il est intéressant de connaître le profil des fumeurs pour cibler les actions à mener. La dernière enquête sur le tabac nous montre qu’on trouve le plus grand nombre de fumeurs parmi les hommes, dans la tranche d’âge entre 45-64 ans, et au sein des classes socio-économiquement défavorisées. Dans les zones moins favorisées, on peut ainsi atteindre 35 % de fumeurs. Cette différence se retrouve chez les jeunes également. À noter qu’il s’agit de données nationales, pas régionales.

Enfin, récemment, l’OMS a également démarré une campagne mondiale d’un an pour encourager la fin de la consommation de cigarettes, notamment en plaidant pour des politiques strictes visant l’arrêt du tabac. Dans son communiqué, l’OMS mentionne que la pandémie de COVID-19 a poussé des millions de consommateurs de tabac à vouloir arrêter.

Je pense qu’il est inutile de rappeler à quel point le tabac est un facteur de risque de nombreux cancers, troubles cardiovasculaires et autres maladies chroniques. D’après les connaissances actuelles, il est d'ailleurs probable que les pathologies liées au tabac augmentent le risque de développer une forme grave du Covid.

Le Plan stratégique de promotion de la santé 2018 - 2022 consacre la lutte contre l’usage de tabac dans le cadre de sa première priorité, qui vise de façon générale à promouvoir et soutenir les environnements et comportements favorables à la santé.

Madame la Ministre-Présidente, vous avez annoncé qu’une révision de ce Plan stratégique était prévue pour fin 2022. Pouvez-vous nous dire si la lutte contre le tabac fait l’objet d’une attention accrue, notamment par un examen des meilleures pratiques sur le plan international, en vue de la réactualisation de ce Plan ?

Une évaluation est-elle en cours sur la lutte actuellement menée par la Cocof contre le tabac ?

Possède-t-on des données sociologiques sur la prévalence de l’usage de tabac au sein de la population bruxelloise, afin de rendre les plus efficientes possible des mesures ciblées ?

Enfin, sait-on comment a évolué cet usage pendant la pandémie ? Savez-vous si la crise sanitaire et la détresse qu’elle peut provoquer ont eu un effet – positif ou négatif – sur la consommation de tabac dans notre Région ?