Covid : questions au ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale

Intervention dans le cadre d'un échange de vues suite à l'audition de M. Rudi Vervoort, ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale lors de la réunion de la « commission spéciale consacrée à la gestion de la pandémie de Covid-19 » du 8 octobre 2020.


Je voudrais commencer par la question institutionnelle. Monsieur le Ministre Président, vous avez très bien rappelé le cadre institutionnel, ainsi que le partage des compétences en matière de santé, de prévention et de sécurité. Mais je me joins tout de même aux appels qui ont déjà été lancés par certains pour simplifier nos institutions. On ne peut pas attendre des citoyens bruxellois qu’ils trouvent évident le découpage de la santé publique entre la Cocom, la Cocof, la VGC, le haut fonctionnaire de l’arrondissement, en plus du fédéral ou encore de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Je pense qu’une clarification institutionnelle est d’autant plus nécessaire que des décisions à l’apparence contradictoire continuent d’être prises, 6 mois après le début du confinement.


J’aimerais donc connaître votre avis sur cette question. Est-ce que c’est selon vous une des leçons que le gouvernement doit tirer ? La Région ne peut évidemment acter une redistribution constitutionnelle des compétences, mais je pense que cet avis doit tout de même être entendu dans ce Parlement. Le manque de coordination entre les Régions a été pointée du doigt par des experts. Outre le protocole et les organismes de gestion de crise que vous avez évoqués, il a manqué et il manque sans doute un plan catastrophe pandémie réactualisé, qui prévoit l’action de chaque niveau de pouvoir et chaque institution. Si j’ai bien suivi votre exposé, le plan de crise fédéral a été activé le 12 mars, ce qui était évidemment bien trop tard. On a vu l’organigramme que vous avez présenté, et qui montre le processus de prise de décision entre chaque organisme de gestion de crise. J’aimerais savoir si selon vous, le nombre important de ces instituts, qui jouent chacun un rôle bien spécifique, n’a pas été un autre frein à une gestion plus efficace de la crise.


Il faudra aussi que le Gouvernement revienne plus précisément et plus clairement sur la gestion des stocks de fournitures au début de la crise, tant pour le personnel soignant que pour les citoyens. La ligne du temps que vous avez présentée mentionne une commande de masques par la Région, mais n’évoque pas les difficultés rencontrées ni les responsabilités en la matière. Outre les masques, il est aussi question de combinaisons et de matériel de dépistage. J’ai le sentiment que cette question rappelle elle aussi le problème institutionnel de notre pays. Il y a probablement eu une volonté de coordination, mais on a dû se retrouver dans une situation où chaque niveau de pouvoir a perdu du temps à savoir s’il était responsable de la commande de matériel. Peut-être pouvez-vous commenter cette situation.


Concernant les maisons de repos, les auditions de professionnels dans le secteur permettront d’avoir des retours plus circonstanciés, mais j’aimerais déjà savoir quels enseignements le Gouvernement en tire. Comment évalue-t-on les mesures prises par Iriscare ? Les hômes n’ont-ils pas été eux aussi les victimes du problème de coordination que j’ai déjà évoqué ? Et j’aimerais aussi qu’on fasse clairement la lumière sur les éventuelles consignes qui auraient été données par rapport aux décisions d’hospitalisation des personnes âgées, et qui sont corroborées par plusieurs témoignages ?


Enfin, plusieurs experts ont pointé du doigt les carences en matière de surveillance épidémiologique dans notre pays, dans la mesure où nous étions incapables de suivre correctement les indicateurs de contagion. Ils dénoncent également le manque de réactivité des ministères en charge face aux alertes qu’ils recevaient début mars par rapport à ce qu’il se passait à l’étranger. On se rappellera tous les retours de vacances des personnes qui étaient partis en Italie, aucune mesure a encadré ces retours, les différents gouvernements se sont croisés les bras. Quelle a été l’implication du Gouvernement bruxellois dans ces questions, notamment dans le cadre du comité de concertation et du conseil national de sécurité ? Vous avez indiqué que votre cabinet a été informé de la situation par e-mail en janvier, me semble-t-il, puis vous avez mentionné que le comité de concertation d’urgence et le CORES se sont réunis pour la première fois début mars, mais il n’est pas clair pour moi ce qui s’est passé pendant le mois de février. Je vous remercie d’avance pour vos précisions.

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