Gérer les populations d'animaux en ville ? Oui, mais pas sans balises éthiques !

Question orale adressée le 15 juin 2022 au Ministre bruxellois de l'Environnement concernant la potentielle future asbl de gestion des « nuisibles » en Région de Bruxelles-Capitale. Pour lire l'intégralité des échanges, cliquez sur ce lien.

En 2019, le gouvernement bruxellois a annoncé que Bruxelles Environnement évaluait la possibilité de créer une asbl régionale destinée à coordonner la gestion des organismes dits nuisibles. Cet organisme serait chargé de mettre en œuvre une coordination entre les dix-neuf communes pour gérer les espèces exotiques envahissantes, mais aussi les pigeons, les rats ou les chats errants notamment.


Une partie du travail de cette asbl sera donc de s'occuper des animaux que l'on peut appeler liminaires, c’est-à-dire les animaux qui vivent en liberté dans l’espace urbain et qui évoluent à la lisière de la société sans être ni vraiment domestiques ni vraiment sauvages. Il peut s’agir d’animaux domestiques abandonnés dans la nature comme les pigeons, les chats errants et certaines espèces invasives, ou bien d’animaux initialement sauvages qui ont vu leur territoire grignoté par l’urbanisation de la ville, par l'humain.


S’il est effectivement nécessaire de contrôler les populations de certaines autres espèces dans leur intérêt, pour les protéger, évitons les pratiques qui iraient à l’encontre du bien-être de ces animaux, comme le poison, les pièges ou tout autre outil cruel. Gardons à l’esprit que les êtres humains appartiennent aussi à l'espèce animale et que les animaux sont, comme nous, des êtres sensibles ayant leur propres intérêts et leur propre dignité. La seule méthode de gestion éthique, lorsque celle-ci s’avère absolument nécessaire au regard de l’impératif de bien-être animal, est la contraception ou la stérilisation.


Certaines communes avancent dans ce sens. Ixelles, par exemple, organise la contraception et le nourrissage des pigeons urbains en distribuant des grains contraceptifs. Bien souvent, la stérilisation des chats errants échoit malheureusement aux petites associations de terrain. Quant aux rats, ils continuent de se faire empoisonner de manière totalement illégale la plupart du temps. Les produits contraceptifs pour rongeurs, tel le Contrapest, existent, mais ils ne sont pas encore employés faute d’autorisation par l’Union européenne.


L’idée de cette asbl poursuit-elle son chemin ? Si oui, quel est l’état d’avancement des discussions ? Pouvez-vous déjà nous présenter les attributions et compétences exactes qui concerneront cette asbl ?


Savez-vous quelles espèces animales seront visées par le travail de cet organisme ? Des méthodes de gestion particulières sont-elles déjà à l’étude ? Si oui, lesquelles ? Avez-vous déjà arrêté des balises qui permettront d’éviter toute atteinte à la protection et au bien-être des animaux ?