Les aspects économiques liés à la crise du Covid-19 au 24 avril 2020

Questions posées au Gouvernement bruxellois lors de la séance plénière du 24 avril 2020 dans le cadre d'un débat sur « les aspects économiques et fiscaux liés à la crise du Covid-19 ». L'intégralité du débat peut être consulté en cliquant ici.

Comme plusieurs de mes collègues, j’ai quelques questions à poser par rapport aux modalités d’octroi des primes prévues pour les entreprises de certains secteurs d’activité.


Premièrement, puisque c’est la première fois que je m’exprime sur ce sujet spécifiquement, je tenais à saluer le travail du Gouvernement et des cabinets. Ça n’a pas dû être une mince affaire de mettre en place ces aides financières, que ce soit sur le plan décisionnel, budgétaire ou administratif. Et j'imagine que ces efforts et ces actions ne font que commencer, dans la mesure où il faudra réellement pallier à la perte du pouvoir d’achat des citoyens les plus fragilisés suite notamment aux pertes d’emploi massives qui sont à craindre.


Outre la première prime de 4000 €, on peut aussi se réjouir de la décision d’octroyer une nouvelle prime unique à des secteurs qui n’ont pas dû arrêter leur activité mais qui sont néanmoins durement touchés par la crise. Cependant, beaucoup de petites entreprises attendent de savoir si elles sont en droit de solliciter cette prime, et j’écouterai avec attention les annonces que le gouvernement pourra éventuellement faire, via l’annonce des codes NACE concernés et des conditions d’octroi.


Un mot également concernant la manière très concrète d'introduire une demande de prime pour les entreprises concernées. Le gouvernement peut peut-être mieux expliquer la procédure. J'ai voulu faire le test hier, donc j'ai regardé la vidéo explicative qui a été diffusée sur les réseaux sociaux et je me suis rendue sur le site primecovid.brussels. Mais je n'ai pas directement trouvé le formulaire de demande d'aide normalement prévu. Je lis cependant que 10.000 primes ont déjà été versées à ce jour, donc le problème n'en est peut-être pas un, mais je tenais à le signaler néanmoins.


J’ai aussi des interrogations par rapport à des aides financières qui pourraient peut-être aider des secteurs ou des catégories de travailleurs dans le besoin. Il y a par exemple les secteurs qui subissent une augmentation du rythme de travail depuis le début de la crise. On parle logiquement beaucoup des maisons de repos et de soin, dont le personnel est au bout du rouleau. Est-ce que davantage de moyens financiers ne pourraient pas améliorer les conditions de travail, en permettant à ces institutions de bénéficier de plus de main d'œuvre et de professionnels de la santé ? Je pense aussi aux organismes venant en aide aux victimes de violences conjugales, mais également ceux destinés aux sans-abris et aux migrants. Pour ces publics, un plan d’action a été annoncé le mois dernier par le cabinet conjoint de Monsieur Maron et de Madame Trachte, et il prévoit des places d’accueil mais aussi un budget non négligeable. J’aurais aimé savoir si ces mesures budgétaires sont suffisantes, un mois plus tard. Je pense aussi au secteur de l’aide alimentaire, mais il y en a sans doute encore beaucoup d’autres à aborder.


Par ailleurs, certains travailleurs qui doivent continuer de prester hors de chez eux et dans différents domaines réclament une prime de risque, je voulais donc savoir ce qu’il était possible de faire.


Je ne reviens pas sur la question des refuges pour animaux. Monsieur Clerfayt m’a fourni une réponse satisfaisante mercredi en commission environnement, et je vais donc simplement remercier le gouvernement pour cette aide au secteur.


Plus généralement, il faudra évidemment reparler des politiques de financement des soins de santé, même si c'est une matière davantage fédérale. Cela fait longtemps que le secteur dénonce un sous-financement qui porte atteinte à notre sécurité sociale, et à la situation très compliquée du personnel, privé ou public. Et on voit qu'une crise sanitaire peut facilement mettre à genoux notre système de soins. Ça en dit long sur notre résilience, y compris par rapport à notre dépendance envers un système mondialisé des marchandises. C'est une autre leçon que nous devons tirer de cette crise, en plus de celle concernant le péril sanitaire que cause notre rapport d’exploitation à la nature, et qu’il faudra donc garder en tête pour le plan de relance.


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