« Non-sens écologique » : 397 arbres abattus en plein centre de Bruxelles

Demande d'explications adressée le 15 mars 2021 au Secrétaire d'État en charge de l'Urbanisme. Pour lire l'intégralité des échanges, cliquez sur ce lien.

Vue Google Map du site.

À la mi-février, le comité de quartier Notre-Dame-aux-Neiges déplorait, par le biais d'une publication relayée par Inter-Environnement Bruxelles (IEB), l'abattage de pas moins de 397 arbres sur le site de l'ancienne Cité administrative de l’État (CAE).


Située grosso modo dans la zone comprise entre le boulevard Pachéco, la rue Royale et la rue Montagne de l'Oratoire, la CAE est ce gigantesque complexe immobilier qui devait initialement concentrer les institutions administratives du pays. Une vocation qui sera finalement abandonnée peu de temps après la fin des travaux, qui auront duré pas moins de 25 années. Désaffectée, la cité administrative sera vendue à des promoteurs immobiliers privés au début des années 2000.


Depuis lors, les riverains s'inquiètent beaucoup du futur qui est réservé au site, plus encore depuis la formulation du projet immobilier RAC4, déposé par les promoteurs lmmobel et Skyline Europe. Celui-ci prévoit de nouvelles constructions dont la forte densité est vivement décriée par les riverains. Comme c'est souvent le cas à Bruxelles, les principales victimes de la densification urbanistique sont les espaces verts et la biodiversité.


Début 2019 déjà, au moment de l'enquête publique, les riverains protestaient contre le non-sens écologique que représentait le projet et craignaient le déboisement de la zone, évoquant les 397 arbres qui étaient directement menacés. La Ville de Bruxelles avait tout de même rendu un avis favorable, assorti d'une série de conditions, dont le replantage de 377 arbres, soit moins que le nombre initial. Un permis d'urbanisme avait ensuite été délivré en août 2019, autorisant l'abattage de l'ensemble des arbres, malgré le fait que le plan particulier d'affectation du sol (PPAS) Pachéco exige leur maintien.


Selon l'IEB, l'abattage aurait en fait été autorisé à titre dérogatoire, motivé par des travaux d'étanchéité du toit des parkings. La Région n'aurait cependant fourni aucun document d'expertise à cet égard lors de l'enquête publique.


Toujours selon IEB, cette lacune constituerait une infraction au plan particulier d'affectation du sol (PPAS), qui a donné lieu à plusieurs recours, dont des procédures en annulation auprès du Conseil d'État. Néanmoins, urban.brussels ne semble pas partager cet avis.


Lors de la rédaction de cette question, l'audience au Conseil d'État n'avait pas encore eu lieu. Les promoteurs du projet n'ont toutefois pas attendu le prononcé et ont abattu l'ensemble des arbres cette semaine.


Le gouvernement peut-il présenter l'état des lieux du chantier de la Cité administrative de l’État (CAE) ? Comment expliquer le démarrage des travaux malgré les recours en annulation devant le Conseil d'État ?


Quelle est la position du gouvernement sur l'abattage de ces arbres au regard du PPAS et des recours en annulation précités ? Comment s'est déroulée la concertation avec les riverains et les comités de quartier concernés ? Un contact a-t-il été établi avec eux depuis le début des travaux ?