Nouvelle version du PAD Josaphat : 95 % de sa biodiversité en péril ?


Jeudi 1er juillet 2021 : le Gouvernement bruxellois adopte en première lecture la nouvelle version du projet de PAD Josaphat.


Qu’en penser ?


On nous avait promis que les inquiétudes des associations de quartier et naturalistes avaient été entendues.


On nous avait concédé que la bétonisation de la friche Josaphat, telle que prévue par la première mouture du plan d'aménagement du même nom, correspondait effectivement à un paradigme archaïque.


On nous avait affirmé que les impératifs de protection de la biodiversité seraient pleinement pris en compte dans la nouvelle version du PAD Josaphat, qui devait repartir d'une page blanche.


Au final, on nous a raconté beaucoup de salades...


Rappelons que la friche Josaphat, ce sont 24 ha d'espaces verts sur lesquels ont pu être observées 1200 espèces animales, dont 116 oiseaux. Il s'agit d'un réservoir unique de biodiversité à Bruxelles. La friche est le lieu de vie ou de repos d’innombrables individus, dont l'existence dépend de sa préservation : renards, huppes fasciées, hiboux des marais, pipit farlouse, etc.


L'obstination du Gouvernement bruxellois à urbaniser la friche Josaphat part du principe qu'elle est un lieu vide, tout juste bon à être recouvert de béton. Mais la friche est un endroit HABITÉ.


Probablement jamais un projet urbanistique n'avait suscité à Bruxelles des oppositions aussi unanimes que la première version du PAD Josaphat : nombreux avis défavorables lors de l'enquête publique, cartes blanches d'associations écologistes et naturalistes, pétition signée par 16.000 citoyen.ne.s...


Alors, que sait-on déjà de la nouvelle mouture du projet de PAD, adoptée jeudi premier juillet par le Gouvernement et présentée par son Ministre-Président ?

  • Sur les 24 ha d'espaces vierges que compte la friche, seul... 1,28 ha sera laissé à la biodiversité. Soit à peine 5 %...

  • On annonce une augmentation sensible des espaces verts, qui occupent désormais 40 %. Il s’agit là de zones désignées à des fins paysagistes, sur lesquelles les activités humaines mettront évidemment en péril la vie des espèces sauvages.

  • Le nombre de logements prévus passe de 1600 à 1200 unités. Parmi eux, seuls 323 logements seront à vocation sociale.

Mieux que rien, diront certain.e.s.


Oui. Mais c’est surtout terriblement insuffisant face :

  • à l’urgence climatique,

  • à la sixième extinction de masse des espèces que nous vivons,

  • à la disparition continue des espaces verts enregistrée à Bruxelles (- 14,4 % en 15 ans !),

  • aux intérêts des êtres sensibles qui dépendent de la préservation de la friche,

  • à la proposition de faire de cette friche une réserve naturelle,

  • au Plan B Josaphat, une proposition d’alternatives déposée d’une seule voix par un ensemble d’associations, qui suggérait notamment d’investir en premier lieu les très nombreux bâtiments inoccupés aux abords de la friche pour y faire des logements (sociaux).

Réserver à la biodiversité 5 % de la surface verte actuelle de la friche, ce n’est selon moi pas acceptable.


Prochaine étape : une nouvelle enquête publique va bientôt démarrer. Il faut espérer que les associations de riverains et naturalistes y prendront part en nombre, pour faire valoir leur point de vue.