Plus de 5300 personnes sans-abri ou mal logées à Bruxelles

Question d'actualité posée le vendredi 19 mars 2021 à M. Alain Maron, membre du Collège réuni en charge de l'action sociale et de la santé. Pour lire l'intégralité des échanges, cliquez sur ce lien.

Copyright Bruss’help : Chloé Thôme

Mercredi dernier, la presse a relayé les récentes conclusions du travail de dénombrement des personnes sans abri et mal logées, dirigé en novembre 2020 par l’organisme Bruss’help, en collaboration avec des acteurs de terrain et avec l'aide de 230 bénévoles. S'il ne constitue pas une analyse exhaustive, ce travail offre tout de même une photographie précise de la réalité vécue par les personnes rencontrées au moment de l'étude.


Les chiffres sont assez éloquents, puisqu'un total de 5.313 personnes ont été recensées à Bruxelles : il s'agit d’une augmentation de pas moins de 27 % par rapport au dénombrement précédent, qui date de 2018.


Parmi les personnes comptabilisées, la moitié étaient sans abri et avaient passé la nuit dans l'espace public ou dans un centre d’hébergement d’urgence et de crise ; 21,5 % se trouvaient sans logement et étaient hébergées dans des maisons d’accueil ou en logement de transit ; 28,1 % vivaient dans un logement inadéquat, soit des structures d’hébergement non agréées, des occupations négociées ou des squats. L'on comptait 933 mineurs.


De fortes hausses dans les chiffres concernent des personnes dénombrées dans les centres d’hébergement d’urgence et de crise, ce qui peut s'expliquer par la hausse des capacités d’accueil visant à loger les personnes pendant la crise sanitaire.


Les chiffres traduiraient donc les moyens dégagés et mis en œuvre par les autorités et la société civile, ce dont il faut se réjouir. Mais, malgré ces nécessaires prises en charge, le nombre de personnes rencontrées qui survivraient dans la rue a à peine diminué par rapport à 2018. Il s’élevait à 719 individus en novembre dernier. Le travail réalisé ne suffit donc pas, et l'on voit que les indicateurs ne cessent de s'aggraver à chaque dénombrement.


Le mois dernier, un débat d’actualité avait lieu dans ce parlement à propos du logement d'urgence des personnes sans abri pendant la vague de froid. Lors de ce débat, le Collège réuni avait cité les moyens qu’il avait prévus pour faire face à cette situation, notamment dans le cadre du programme Housing First, mais également au niveau de l’accueil d’urgence.


Si cette vague de froid extrême est, aujourd'hui, derrière nous, le spectre d’une troisième vague de Covid-19 plane sur le pays. Pourriez-vous faire un nouveau point sur la situation du sans-abrisme et du mal-logement à Bruxelles au regard de ces nouveaux chiffres ? Comment expliquer le nombre stable de personnes dormant dans la rue en dépit des importants moyens dégagés l’année dernière pour augmenter les capacités d’accueil pendant le confinement ?


Le Collège réuni a-t-il pris des mesures pour faire face à la troisième vague de la pandémie qui nous menace et qui expose d’autant plus ces milliers de personnes en situation extrêmement précaire ?


Le mois dernier, le Collège réuni expliquait qu’un équilibre devait être trouvé entre les solutions structurelles et les solutions d'urgence. Qu’en est-il aujourd’hui ? De nouvelles solutions d’urgence ne s’imposent-elles pas ?