Quelle sensibilisation à l'égard des renards en ville ?

Intervention dans le cadre d'un échange de vues le 2 octobre 2020 concernant une proposition de résolution « visant à encourager les communes à mener des actions de sensibilisation, en concertation avec la région, aux meilleures pratiques de précaution en matière de nourrissage des renards ». Pour lire l'intégralité de la discussion, cliquez sur ce lien (à partir de la page 29).

La présence de renards en Région bruxelloise est de plus en plus remarquée. Cela se vérifie même au sein de ce parlement, puisque ces mammifères sauvages y sont régulièrement évoqués.


Il n'est pas inutile d'observer comment d'autres villes traitent cette question. À Londres, par exemple, on compte environ un renard pour 300 habitants. En Région bruxelloise, suivant les estimations disponibles, il y aurait un renard pour 600 habitants. Depuis 40 ans, la population des renards à Londres est stable. Même si une ville n'est pas l'autre, ces chiffres permettent de relativiser quelque peu les problèmes épinglés par certains concernant la présence de renards à Bruxelles.


Dans la nature, les renards ont une espérance de vie de douze à quinze ans. En ville, elle n'est plus que de deux ou trois ans. La plupart des renards meurent avant même d'avoir atteint la puberté, principalement après avoir été percutés par des voitures. Comme pour tous les animaux sauvages, l'espace vital des renards ne fait que se réduire, à cause de la croissance démographique humaine et de la densification urbanistique toujours plus importante.


De plus, les renards bruxellois sont victimes d'empoisonnements intentionnels et ce, bien que cet animal soit strictement protégé. Ces empoisonnements se multiplient en toute impunité depuis les années 90. Il y a également les empoisonnements indirects par les rats, eux-mêmes empoisonnés.


Nous devons voter ici à propos d'un texte qui se focalise sur les nuisances - essentiellement des poubelles éventrées - occasionnées par les renards. Or le renard est loin d'être le seul coupable : il y a également les chats errants, les fouines, les pies, etc. Perpétuer la mauvaise image dont souffre le renard n'est pas souhaitable.


Si je suis favorable à l'organisation d'un recensement et à davantage d'informations et de sensibilisation des citoyens à l'égard de cet animal - ce qui est déjà proposé de manière très complète par le site internet de Bruxelles Environnement -, il faudrait que cette sensibilisation ait comme objectif une meilleure harmonie entre nos deux espèces. Nous apprendrions à respecter les renards et à ne pas essayer de les apprivoiser.


Or, l'objectif de la proposition de résolution semble surtout pointer une éventuelle surpopulation et montrer du doigt les particuliers qui, maladroitement peut-être, veulent aider ces mammifères opportunistes à vivre en ville avec nous. C'est donc surtout une question de formulation et le paradigme anthropocentré choisi dans ce texte qui me poussent à ne pas soutenir cette proposition de résolution.

© Copyright Victoria Austraet 2020

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