Changeons de regard sur les rats et leur gestion

Question orale adressée le 26 mai 2021 au Ministre bruxellois de l'Environnement concernant la présence visiblement accrue de rats. Pour lire l'intégralité des échanges, cliquez sur ce lien.

Les inondations que la Belgique a connues pendant l'été ont été une tragédie pour énormément de familles et ménages. Bruxelles a heureusement été relativement épargnée. Néanmoins, la Région a tout de même été touchée par d'intenses précipitations, qui ont entraîné certaines conséquences, dont la présence d'un nombre inhabituellement élevé de rats bruns.


En effet, en raison des intempéries, la montée du niveau des eaux a forcé quantité de ces animaux à quitter les égouts pour survivre. Il n'est donc probablement pas tout à fait correct de dire que les rats sont plus nombreux, ils sont juste davantage visibles.

Au début du mois d'août, interrogée dans un reportage réalisé par la chaîne BX1, une entreprise de dératisation a indiqué que ses interventions avaient augmenté de 30 % par rapport à l'année précédente. Le phénomène a été constaté à plusieurs endroits à Bruxelles, et pose donc logiquement la question de notre cohabitation avec ces animaux.


Au début de l'année 2021, Ingrid Parmentier et moi-même vous avions déjà interrogé au sujet de la gestion des populations de rats bruns. Parmi les points soulevés figuraient :


- la question des rodenticides, dont l'utilisation est en fait explicitement interdite à Bruxelles en l'absence de dérogation légale ;


- et la création d'une asbl pour la gestion des espèces exotiques envahissantes et des animaux que l'on continue de qualifier de "nuisibles".


Concernant le premier point, vous avez répondu en janvier dernier que les utilisations illégales de rodenticides passaient probablement en grande partie sous le radar de Bruxelles Environnement. Depuis lors, on a pu voir dans la presse des sociétés de dératisation indiquer sans retenue qu'elles disposent des poisons contre les rongeurs, notamment chez des particuliers bruxellois.


Une petite année après notre dernier échange sur le sujet, pourriez-vous indiquer si Bruxelles Environnement a pu se saisir de cette problématique, afin de lutter contre l’utilisation illégale mais visiblement répandue de poisons occasionnant de vives souffrances aux animaux ? Une communication a-t-elle par exemple été réalisée auprès des sociétés de dératisation, surtout après les précipitations abondantes de l'été dernier ?


Quel est l'état des discussions et des travaux en vue de la création de l'asbl qui sera consacrée à ce type de questions ?


Enfin, il existe une dissonance entre l'image hostile et réductrice que l'on se forme à l'égard des rats et les capacités réelles de ces animaux. Peu de gens savent qu'il s'agit d'individus sociaux, capables d'empathie, d'entraide et de coopération, de jouer en éprouvant du plaisir et de manifester leur contentement par leurs expressions faciales. Ce sont des créatures au moins aussi sensibles et sentientes que les autres espèces, y compris domestiques. Ces considérations doivent amener à repenser la façon dont nous les traitons.


Si une régulation des populations de rats s'avère nécessaire, des discussions sont-elles menées, notamment avec le niveau fédéral, en vue de permettre le recours à des produits stérilisants et non douloureux en remplacement des raticides ? Il semble en effet que de tels produits stérilisants existent déjà, mais ne sont pas encore autorisés à l'emploi chez nous.