Créons plus d'écoducs pour pallier la fragmentation des habitats de la faune bruxelloise

Question orale adressée le 10 mars 2021 au Ministre bruxellois du Bien-être animal. Pour lire la réponse, cliquez sur ce lien.

Depuis le début de la législature, deux de mes collègues ont interrogé le gouvernement au sujet des écoducs.


En décembre dernier, Ariane de Lobkowicz-d'Ursel s'interrogeait à juste titre sur le bilan que nous pouvons dresser de l'écoduc de Groenendael. Vous lui avez apporté plusieurs éléments de réponse, dont le fait qu'une analyse des enregistrements des caméras placées à cet endroit était alors en cours de réalisation par Natuurpunt.


La deuxième question date de février 2020 et était signée par Tristan Roberti, qui souhaitait connaître l'état d'avancement du projet de deuxième écoduc au-dessus de la chaussée de La Hulpe et demandait s'il existait d'autres projets similaires à Bruxelles.


Vous expliquiez alors que, pour ce qui concerne la chaussée de La Hulpe, deux études de faisabilité avaient été réalisées. Il restait à désigner un bureau d'étude en génie civil pour les volets techniques, en vue d'une mise en place qui devait encore durer au moins trois années.


Vous citiez également deux projets à l'étude, le premier étant situé aux abords du site du Rouge-Cloître, le second concernant un écorécréaduc au-dessus de l'autoroute E411 à hauteur de Jezus-Eik. Ces deux projets étaient en cours de discussion dans le cadre des dialogues interrégionaux sur le réaménagement du ring de Bruxelles, auxquels Bruxelles Environnement était associée.


Un peu plus d'un an plus tard, il ne me semble donc pas inutile de demander un état des lieux sur ces projets d'écoducs qui ne sont pas encore mis en œuvre. Depuis le dépôt de la question de M. Roberti, la crise sanitaire a compromis la poursuite de certains travaux publics et a mis l'enjeu de la biodiversité sur le devant de la scène.


À mesure que la surpopulation et les activités humaines se sont accentuées, le territoire de la faune et de la flore sauvages s'est morcelé et réduit comme une peau de chagrin. On peut se réjouir de la subsistance d'une forêt périurbaine telle que la forêt de Soignes en contact avec Bruxelles. Mais, même dans son histoire récente, cette vaste zone verte - dont une partie est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco - s'est vue balafrée par la construction de routes et du chemin de fer.


La fragmentation des habitats est un facteur de fragilisation des écosystèmes. À l'inverse, les écoducs permettent de relier des zones de vie et d'éviter des accidents routiers impliquant des animaux sauvages. Augmenter leur nombre à Bruxelles et dans sa périphérie produirait plusieurs effets bénéfiques.


Pourriez-vous faire le point sur les projets d'écoducs en cours ? Celui qui concerne la chaussée de La Hulpe a-t-il été retardé ? Savez-vous où en sont les discussions interrégionales au sujet d'autres aménagements de ce type aux abords de Bruxelles ? Bruxelles Environnement a-t-elle examiné la possibilité et l'opportunité de construire des ouvrages de cet ordre dans des zones boisées bruxelloises en dehors de la forêt de Soignes ?


Écoduc de Groenendael (capture Google Street View).